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Portrait du duo : L’ami armoricain

21 octobre 2009
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«Indéfectible : qui ne peut cesser d’être, qui continue, qui dure toujours» (Dictionnaire Le petit Robert). Voilà bien une définition qui colle parfaitement au lien qui unit depuis un nombre pudique d’années, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias. Si leurs chemins ont pu parfois les éloigner l’un de l’autre, comme par un fait exprès, les circonstances se sont empressées de les rapprocher à nouveau.

Leur histoire commune commence à l’âge de l’adolescence sur les bancs du centre nautique du Cap-Coz où ils usent leurs premiers fonds de ciré. Jean-Luc y exerce déjà comme aide moniteur quand Bilou débarque. Il arrive là plus par curiosité que par passion, persuadé que s’il doit un jour embrasser une carrière sportive, c’est le football qui le prendra. Le « Cap-Coz », dans les années 70, tient plus de la tribu que de l’école de voile policée. Niché au fond de la baie de la Forêt, le hangar métallique qui tient lieu de local, sert autant pour entreposer le matériel, pour entretenir et réparer la flotte, que pour les douches et les indispensables tâches administratives. Sans oublier les soirées, inévitables quand on a vingt ans et une soif de vie débordante. C’est une vision de la voile fort peu académique qui est proposée à cette bande de fous furieux auquel viendra se joindre, entre autres, Michel Desjoyeaux… Ce joyeux bazar est, somme toute, fort propice pour créer des alchimies comme le lien qui se crée entre le fondu de ballon rond et le moniteur de voile.

Serment de marin, serment d’ivrogne !

Et c’est parfois bien heureux, car sinon, la planète mer se serait privée de deux des navigateurs les plus talentueux de la course au large. Leur première expérience fut proche de la catastrophe : accrochés dans les filières d’un bateau de propriétaire pour faire le Tour de l’Île de Groix, en course de nuit, au départ de Concarneau, les deux compères, trempés comme des soupes, rompus de fatigue jurèrent sur l’honneur qu’on ne les y reprendrait plus. Une semaine, plus tard, avec le même propriétaire, ils récidivaient sous le soleil par grand beau temps… Le temps d’incubation nécessaire avait fait son effet. Dès lors, ils vont enchaîner convoyages, entrainements d’hiver, circuit classique des régates de la Troménie bretonne.  Quelques mois plus tard, Roland se lance dans l’aventure de la Mini-Transat à bord d’un Muscadet toujours aidé de ses potes du Cap-Coz… Suivra un petit multicoque de 40 pieds sur lequel ils iront se mesurer aux géants de la course au large et grâce auxquels ils gagneront leurs galons d’équipiers modèles. Ils sont prêts à toutes les audaces ; louent leurs talents pour trois Francs, six sous… Entre vie de bohème et apprentissages techniques, ils apprennent à se forger le caractère, à faire face aux vents contraires. Quand Jean-Luc se façonne un palmarès d’équipier modèle aux côtés de navigateurs comme Jean Maurel ou Patrick Morvan, Roland explore les grandeurs et misères des chantiers high-tech entre innovation technique et longues heures de stratifications à inhaler les effluves d’acétone… Le premier va enchaîner les courses en équipages quand le second s’essaiera aussi au solitaire à plusieurs reprises sur la course du Figaro. L’un va y gagner une capacité d’adaptation et d’analyse des dynamiques de groupe quand l’autre va construire sa capacité à mener des projets de A à Z, à savoir tout faire… Bien sûr, ces chemins supposent aussi quelques petites incartades : on n’oubliera pas une participation à la Solitaire du Figaro, tardive mais brillante, pour Jean-Luc comme certaines piges de Bilou aux côtés de navigateurs prestigieux comme Paul Vatine, qui fut aussi l’un des traits d’union entre les deux copains d’adolescence.

C’est une période de vaches maigres qui les réunit à nouveau.

En 1992, ils se retrouvent à bord d’un Figaro Bénéteau pour la première Transat AG2R, Lorient – Saint-Barth. Ils ont arraché un bout de budget et malgré une préparation plus que tardive, finissent troisième. Visiblement, les vieux automatismes n’on pas été long à se mettre en place. Les deux navigateurs ont muri, ont suivi des chemins parallèles mais proches, entre vie de famille et ambitions professionnelles. Dès lors, leurs chemins ne vont cesser de se croiser : quand Jean-Luc Nélias devient skipper d’un trimaran de 60’, c’est tout naturellement qu’il invite son pote à quelques piges de luxe à bord. Depuis 2005, l’histoire s’est, en quelque sorte, accélérée… Invité à naviguer sur le monocoque de Roland Jourdain, à l’occasion de la Calais Round Britain Race, Jean-Luc Nélias prend une place de plus en plus essentielle au sein de l’équipe. Routages, navigations en double, il devient un maillon essentiel du dispositif de la petite entreprise Kairos, la structure qui gère les projets de Roland. C’est en toute logique que Jean-Luc embarque donc aux côtés de Roland Jourdain sur cette Transat Jacques Vabre 2009 : navigateur méticuleux, cuisinier attentionné, il apporte toute sa rigueur de fonctionnement et sa science de l’informatique embarquée quand Roland aura à cœur de faire partager la connaissance intime de son bateau et de l’optimisation de sa route. Une division des tâches qui, à chaque navigation, s’estompe au fil des milles parcourus : « normalement, au bout de quinze jours, on finit par tout partager… » C’est juste le temps qu’il faut pour parcourir le chemin du Havre jusqu’au Costa-Rica.


PF Bonneau

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19/10/2009

Vidéo : Le sommeil

Dernière ligne droite avant le départ de la Transat Jacques Vabre le 8 novembre. Pour être fin prêt au Havre Roland Jourdain a suivi une longue préparation dont il nous dévoile sur Canyousea et le Figaro.fr régulièrement les détails. Et pour remporter une Transat comme celle-ci, la gestion du sommeil est un élément clés.

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Roland Jourdain