GO
Accueil > Les Dossiers > Tara > Voyage dans la jungle planctonique

Voyage dans la jungle planctonique

9 octobre 2009
Note : 2/5 sur 20 vote(s)
Votre vote :  

Vue 1627 fois

L’oxygène que nous respirons provient pour moitié des organismes marins. Tara Oceans part à la découverte de ces usines à gaz. L’oxygène, O2 pour les chimistes. Voilà une molécule à laquelle on ne pense pas tous les jours.Pourtant, c’est bien elle que le sang réclame dans les poumons, celle qui s’échange contre le gaz carbonique, le fameux CO2 produit par la respiration des cellules.

Douce molécule que cet oxygène qui fait vivre une grande partie du monde vivant. Sur notre planète, point de magie. L’oxygène nous vient d’une incroyable invention, la photosynthèse ou l’art de transformer le gaz carbonique en sucre grâce à l’énergie solaire et l’eau. L’eau justement, qui recouvre les deux tiers de notre planète et qui renferme la première usine vivante à oxygène, le phytoplancton. La seconde étant les plantes terrestres. Voilà pourquoi Tara Oceans part à la conquête des mers du monde : identifier les responsables de cette usine à gaz et des meilleures conditions nécessaires à sa durabilité. Parce que sans elle, notre avenir pourrait être compromis.

Jusqu’à présent, les satellites étaient les seuls outils permettant d’avoir une vision globale des organismes capables de faire la photosynthèse. Ils permettent en effet de mesurer l’intensité verte de la chlorophylle, la molécule spécialisée dans la capture de l’énergie solaire. Ainsi, suivant l’époque de l’année, les scientifiques sont capables d’observer sur terre comme sur mer les régions de fortes activités photosynthétiques. Dans l’hémisphère nord, c’est du printemps à l’automne, lorsque les arbres possèdent leurs feuilles par exemple.

Dans les océans, le phénomène est le même : en période de beau temps, le phytoplancton se multiplie et produit plus d’oxygène.
Mais la méthode a ses limites. Les satellites sont incapables de détecter la chlorophylle à plus de 5 mètres de profondeur. Or, le phytoplancton vit, selon les régions, jusqu’à 100 mètres de profondeur. Que se passe-t-il dans ces colonnes d’eau de 95 mètres dans les océans du monde ? Car il ne faut pas s’y tromper. Comme à la surface terrestre, l’eau possède ses “ climats ” avec des courants chauds et froids, des tourbillons cycloniques et anticycloniques, ses zones riches en phosphore, en nitrates, en fer, qui conditionnent la croissance des “ plantes ” en présence, le fameux phytoplancton, l’usine à oxygène mondial.
D’autre part, si l’on sait différencier une forêt de feuillus, une prairie et un champ cultivé, c’est parce que l’on a su au préalable définir ces milieux. En mer, toutes les zones photosynthétiques sont riches en phytoplancton ! Constitué d’algues microscopiques, il produit 40 % de l’oxygène “ marin ”.
Ce phytoplancton renferme des diatomées et d’innombrables espèces d’algues ayant chacune un rôle précis dans leurs écosystèmes respectifs tel le bouleau, la fougère, une mousse ou une bruyère dans l’écosystème forestier. La seconde moitié de l’oxygène produit en mer provient de minuscules bactéries photosynthétiques telles les prochlorococcus. Et là les espèces sont innombrables.

Autant dire qu’avec les données collectées par Tara, l’étude de cette énigmatique colonne d’eau va nous ouvrir les yeux sur des paysages sous-marins jusqu’alors inconnus.
Des paysages invisibles avec lesquels nous pratiquons des échanges vitaux chaque jour à travers deux molécules : l’oxygène et le gaz carbonique.

Lisa Garnier

Voir aussi...


29/07/2009

Trois regards autour du monde

Pendant plus d’un an, Roland et Canyousea vous invitent à découvrir trois tours du monde « écologique ». Pourquoi trois ? Parce que chacun de ces voyages porte un regard différent sur notre planète, et que leur croisement vous offrira une vision large et entière de ce que trois projets peuvent amener à découvrir sur notre belle planète bleue.

Remonter en haut Haut de Page

Saperliplanète

Canyouseatheworld