« J'ai demandé, à chacun, deux mois de réflexion. Cousteau, qui était alors directeur du Musée de Monaco m’a dit : Venez donc passer ces deux mois avec moi sur la Calypso, nous partons en Haïti. Vous ferez votre choix ensuite » On imagine sans mal, pourquoi François Sarano a décliné la proposition de l’IRD… « La rencontre avec les gens de Haïti, l'aventure sur la Calypso, l'équipe et surtout Cousteau, tout était bouleversant et extraordinaire. Sa grande phrase était : Ici, on taille sa veste à la largeur de ses épaules. Demandez moi ce que vous voulez et vous l’aurez ». C’est ainsi que François Sarano va passer 13 ans à sillonner les mers et les océans du globe avec les hommes au bonnet rouge.« Il est difficile d’imaginer la popularité de Cousteau dans le monde. Un jour, à Madagascar nous avons vu un homme sortir de la forêt. Il s’est approché du commandant et lui a touché la main, puis il a dit : maintenant je peux mourir, j’ai vu l’homme qui veut sauver la planète ».
Avec l’équipe Cousteau, François Sarano va effectuer des plongées dans toutes les mers du globe. « La plongée sous marine est un moyen de rencontrer des hommes, d'explorer des ecosystèmes inconnus». Et François Sarano va faire des rencontres extraordinaires : il va nager avec le grand crocodile de mer, les Grands Blancs, s’émerveiller devant les baleines bleues, valser avec les méduses.« C’était une autre époque, un autre monde. Cousteau arrivait et me disait : François, nous allons en Indonésie. Et je passais deux mois à préparer le voyage en consultant mes atlas et mes encyclopédies. Quand je lui disais : il y a là un endroit inexploré où les courants doivent apporter une nourriture abondante, où les poissons doivent être énormes; il me répondait : Et bien qu’attendons nous ? Allons-y ».
En 1997, à la mort du commandant Cousteau, François Sarano se fait une promesse : la mer, la plongée et l’environnement : c’est fini. Après tant d’années sous les eaux, il décide avec son épouse de partir en Libye pour y écrire un guide touristique, et se passionne pour la paléoanthropologie.Mais, comment la mer pourrait-elle se passer d’un homme qui a tant fait pour la rendre précieuse aux hommes ? Et comment pourrait-il, lui, renoncer aux rencontres sous marines ?
« J’ai été contacté par Deep Ocean Odyssee, une société américaine qui voulait recréer l’aventure Cousteau. Ils avaient un bateau de 70 mètres, deux sous marins et des moyens financiers faramineux. Pendant deux ans, j’ai travaillé à la mise en place du programme et des futures expéditions. Malheureusement le projet s'est arrêté brutalement avant même le grand départ ».Cette fois ci, François Sarano se dit que le monde sous marin lui a joué son dernier tour. Mais c’était sans compter avec Jacques Perrin, le producteur de Microcosmos et du Peuple Migrateur, qui le contacte pour son prochain film : Océans.
« Jacques Perrin a complètement changé ma façon de voir la mer. J'ai plus appris avec lui sur l'océan et ses créatures que pendant mon doctorat d'Océanographie et à bord de la Calypso ! Il m'a fait découvrir des choses que je savais mais que je n'avais pas comprises... Et puis, c'est chaque jour une joie profonde que de vivre, avec l'équipe Galatee films, l'une de plus ambitieuse aventure sous-marine que seul Jacques peut entreprendre».
Président fondateur de l’association Longitude 181 Nature, François Sarano aime trop la mer pour s’en passer. Et nous aimons trop la mer pour nous passer de lui.
Photos : François SaranoRendez-vous sur le site de Longitude 181 Nature
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